Noyade en piscine privée

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En 2006, d’après les chiffres de l’Institut National de Veille Sanitaire (INVS), 166 noyades accidentelles ont eu lieu dans des piscines privées, en majorité familiales. Plus de la moitié des victimes (94) étaient des enfants de moins de 6 ans ayant échappé à la surveillance des adultes.

L’enquête Noyades 2009, menée par l’INVS du 1er juin au 30 septembre 2009, a dénombré 239 noyades en piscine dont 135 en piscine privée familiale.

La noyade est la première cause de mortalité chez l’enfant de moins de quatre ans et l’une des principales chez l’enfant de moins de 15 ans.

Malgré la loi du 3 janvier 2003 relative à la sécurité dans les piscines privées, fixant aux propriétaires de piscines de les pourvoir d’un système de sécurité visant à prévenir les risques de noyades, la piscine demeure un lieu dangereux. De nombreux spécialistes en santé publique s’accordent à dire que la mode des piscines privées est à l’origine d’une augmentation des noyades domestiques. Les moins de 13 ans sont les premiers noyés en piscine privée.

La gravité de l’état dans lequel se trouve une victime de noyade dépend du retard mis à sa découverte, de l’affolement de l’entourage, et du délai de réalisation des gestes de premiers secours. Une enquête a montré que l’entourage accomplissait les gestes de survie que dans un peu plus de la moitié des cas, le plus souvent par méconnaissance des techniques de réanimation, et quand ces dernières étaient appliquées, c’était de manière approximative.

Comme il faudra aux sapeurs pompiers ou à l’équipe du SAMU, entre 5 à 10′ au minimum en centre urbain, et bien davantage en milieu rural, pour parvenir au noyé, il est indispensable que l’entourage entreprenne aussitôt les gestes de sauvetage.

Chacun devrait connaître et appliquer ces gestes simples de survie, dont la mise en œuvre précoce devrait permettre, au mieux, un retour à un état circulatoire normal sinon d’accorder le délai nécessaire à l’arrivée de l’équipe médicale d’urgence, contribuant ainsi à réduire le mauvais pronostic attaché aux noyades domestiques.

Consciente de l’absence d’un matériel spécifique à la prise en charge d’une noyade et destiné à tout propriétaire d’une piscine privée, l’association a conçu un kit basique de première urgence. Ce kit, dénommé SAFEBox AQUALife basic, a pour but de permettre à l’entourage de mettre en application les mesures énoncées précédemment, ou voire même de permettre au médecin de famille qui serait sur les lieux avant l’équipe du SAMU de disposer d’un matériel de réanimation, au cas où ce dernier ne serait pas dans sa voiture.

Le kit SAFEBOX AQUALife basic a été conçu afin d’apporter à l’entourage d’une personne victime de noyade, un ensemble d’outils pour prodiguer les gestes de premiers secours.

Ce kit se compose :

  • d’un manuel, ayant pour fonction l’apprentissage des gestes de réanimation cardio-pulmonaire et d’utilisation du matériel de ventilation fourni avec le kit ainsi que la présentation des conduites à tenir suivant l’état clinique de la victime.
  • d’une fiche d’urgence plastifiée synthétisant les gestes de réanimation dans le cadre d’un arrêt cardiorespiratoire.
  • d’un matériel de ventilation (insufflateurs complets pour nourrisson, enfant et adulte), afin de ventiler au mieux la victime et ce avec une efficacité supérieure à un bouche à bouche.
  • d’une couverture de survie pour lutter contre l’hypothermie.
  • de gants médicaux.



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PRÉVENTION DES NOYADES CHEZ L’ENFANT.

Les principales causes d’accidents sont :

  • une protection inadaptée ou insuffisante des abords de la piscine.
  • un défaut de vigilance de la part des adultes.
  • une méconnaissance du danger de la part de l’enfant.

Le décret n° 2004-499 du 7 juin 2004 modifiant le décret n° 2003-1389 du 31 décembre 2003 relatif à la sécurité des piscines impose au propriétaire d’une piscine de l’équiper d’un système de sécurité. Ce dispositif est constitué par une barrière de protection, une couverture, un abri ou une alarme répondant aux exigences de sécurité suivantes :

  • les barrières de protection doivent être réalisées, construites ou installées de manière à empêcher le passage d’enfants de moins de cinq ans sans l’aide d’un adulte, à résister aux actions d’un enfant de moins de cinq ans, notamment en ce qui concerne le système de verrouillage de l’accès, et à ne pas provoquer de blessure ;
  • les couvertures doivent être réalisées, construites ou installées de façon à empêcher l’immersion involontaire d’enfants de moins de cinq ans, à résister au franchissement d’une personne adulte et à ne pas provoquer de blessure ;
  • les abris doivent être réalisés, construits ou installés de manière à ne pas provoquer de blessure et être tels que, lorsqu’il est fermé, le bassin de la piscine est inaccessible aux enfants de moins de cinq ans ;
  • les alarmes doivent être réalisées, construites ou installées de manière que toutes les commandes d’activation et de désactivation ne doivent pas pouvoir être utilisées par des enfants de moins de cinq ans. Les systèmes de détection doivent pouvoir détecter tout franchissement par un enfant de moins de cinq ans et déclencher un dispositif d’alerte constitué d’une sirène. Ils ne doivent pas se déclencher de façon intempestive.

Attention ! Un volet roulant métallique solide, lors des heures de baignade, n’interdira pas l’accès de jeunes enfants au bassin.

Une bâche thermique ou un filet ne constitue en aucun cas un moyen de protection. Lors d’une chute, un enfant glissera dessous et périra noyé.

Les alarmes sonores ne doivent être considérées que comme des dispositifs complémentaires d’aide à la vigilance.

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RÈGLES GÉNÉRALES

  • La surveillance relève impérativement d’un adulte.
  • Désigner un seul adulte responsable de la surveillance.
  • Ne jamais laisser un ou plusieurs enfants sans surveillance. Si vous devez vous absenter, même brièvement (répondre au téléphone, éteindre le four…) faites les sortir et fermez le portillon afin d’interdire l’accès au bassin. Ne jamais déroger à cette règle.
  • La meilleure surveillance se fait hors de l’eau.
  • Tous les enfants ne sachant pas nager doivent être équipés de brassards (avec valve antiretour et marquage CE) ou de maillots flotteurs dès lors qu’ils jouent aux abords de la piscine. Proscrire les bouées rondes et plus particulièrement les bouées-sièges qui peuvent s’avérer dangereuses.
  • Ce n’est pas parce qu’un enfant sait nager qu’il ne doit pas être surveillé.
  • Sensibiliser l’enfant au plaisir et au danger de l’eau dès son plus jeune âge et lui apprendre à nager dès l’âge de 6 ans.

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SITES ET DOCUMENTS SUR LA NOYADE EN PISCINE.

  • L’enquête Noyades 2009, menée par l’Institut National de Veille Sanitaire. Télécharger le document.
  • Site de l’association « Sauve qui veut » ; l’association est à l’origine de la loi du 3 janvier 2003, relative à la sécurité des piscines. www.sauvequiveut.asso.fr