Environnement et activité nautique.

Mai 1, 2012 par

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Lors d’une sortie en mer, de nombreux facteurs environnementaux peuvent influer sur la survenue éventuelle d’une pathologie ou d’un accident. Cet article propose un bref tour d’horizon sur un certain nombre d’entre eux au rang desquels certaines spécificités du milieu maritime.

Il est possible de distinguer schématiquement les facteurs climatiques comme la chaleur, le rayonnement solaire, le froid, le vent, l’humidité et le milieu d’évolution comme la mer et le bateau.

  • la chaleur

Si la chaleur contribue à une sensation de bien-être général, elle peut cependant être à l’origine de certaines affections, de gravité variable selon l’importance de l’exposition, des mesures de prévention prises ou plutôt négligées et du terrain sur lequel elles surviennent : sujet âgé ou jeune (les capacités d’adaptation de l’organisme à la chaleur sont fortement diminuées aux âges extrêmes de la vie), pathologie chronique préexistante (insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale…), traitement médicamenteux dont les effets secondaires peuvent être aggravés par la chaleur.

L’organisme humain, cependant se défend bien mieux contre le chaud que contre le froid et il lui faudra environ 8 à 10 jours pour s’adapter à un environnement hyperthermique, adaptation progressive qui passera par une augmentation du débit sanguin et une sudation plus efficace.

  • le rayonnement solaire.

La réverbération des rayons solaires en mer est importante exposant le plaisancier au cours des premiers jours de navigation à de « brûlants » désagréments. Le principal « agent protecteur » de la peau est la mélanine, un pigment brun foncé qui lui donne sa coloration normale (présent aussi dans les cheveux et l’iris). La mélanine stoppe environ 90 % des rayons UV. La tolérance aux UV d’un individu dépendra de la quantité de mélanine présente dans sa peau et de sa faculté à produire ce pigment au décours d’une exposition solaire. C’est ainsi qu’on a défini la notion de phototype (l’aptitude au bronzage et au risque de brûlure d’un individu au cours d’une exposition) basé sur la couleur de la peau, des yeux et des cheveux.

Selon le phototype auquel on appartient, il conviendra de prendre des mesures préventives plus ou moins draconiennes.

Une photoprotection insuffisante pourra être à l’origine, à court terme d’accidents aigus comme une brûlure (du simple érythème à une brûlure de second degré), une éruption cutanée allergique par photosensibilisation à la suite de la prise de certains médicaments ou non (lucite estivale), une ophtalmie, et à plus long terme de la survenue de cancers cutanés.

  • le froid

C’est un facteur constant en mer. La température de neutralité thermique par temps sec et sans vent est évaluée à 18 °C C’est à dire que toute variation en moins obligera l’organisme à mettre en œuvre des moyens lutte.

Ces mécanismes de défense vont se traduire par de nombreuses modifications physiologiques, elles-mêmes susceptibles de provoquer ou aggraver certaines pathologies. Il faut environ une dizaine de jours à l’organisme pour s’adapter à un environnement froid.

  • le vent

Par son absence ou sa violence, il peut totalement modifier les conditions de vie à bord et la marche du voilier. En cas de survenue d’un problème de santé, si le vent faiblit, l’allongement du délai pour rejoindre des secours à terre peut compromettre la situation médicale. S’il forcit, souffle en rafales, l’équipage sera être exposé à des coups de gîtes avec un risque accru de traumatismes.

D’autre part, le vent est un facteur prépondérant dans la survenue d’une hypothermie.

  • l’humidité

Lors d’une sortie en mer, le plaisancier évolue dans un milieu particulièrement humide. L’hygrométrie de l’air est en effet à 100 % et cette contrainte physique n’est pas sans conséquence sur l’organisme. La thermorégulation du corps est plus difficile et certaines pathologies seront favorisées par cette ambiance humide.

  • La mer

En dehors du classique « mal de mer », une mer agitée ou fortement agitée pourra conduire à la survenue de traumatismes, d’autant plus graves que la force des vagues sera importante. La salinité de l’eau de mer favorise les lésions cutanées et nuit à la cicatrisation.

  • Le bateau

Les mouvements auxquels est soumis en permanence un navire, sont une cause non négligeable d’inconfort à son bord, allant de troubles de l’équilibre aux chutes en passant par l’incontournable mal de mer.

D’autre part, de nombreux éléments du navire sont susceptibles de contribuer à la survenue de traumatismes

  • A l’extérieur du bateau.

Le pont.

Il n’est pas exempt de danger, particulièrement en cas de déambulation pieds nus, toute pièce d’accastillage étant un danger pour les pieds. Les panneaux de ponts et capots peuvent occasionner des blessures des doigts lors de leur manipulation. La descente et les capots ouverts peuvent être responsables de chutes graves. Un choc violent contre un chandelier peut entraîner une fracture de côte. Le revêtement antidérapant est abrasif et lorsqu’il est mouillé, expose à un risque accru de chute.

La bôme.

Elle peut être responsable de traumatismes crâniens, particulièrement lors du changement d’amure au cours de manœuvres.

Les écoutes.

Les forces de traction peuvent être considérables, directement proportionnelles à la surface des voiles. Les bouts peuvent occasionner des brûlures à la suite de frictions, des entorses, particulièrement si on a enroulé ses doigts ou sa main autour afin d’avoir une meilleure préhension.

L’ancre et la chaîne.

Risques potentiels pour les pieds et les mains. Une mauvaise position lors de sa remontée expose la colonne dorso-lombaire à un traumatisme.

Les winchs.

Les forces exercées au niveau d’un winch sont très importantes. L’éjection intempestive de la manivelle ou une rupture du frein avec un brusque retour de celle-ci peuvent entraîner de graves traumatismes. Le risque d’écrasement d’un doigt, pris entre le winch et l’écoute, n’est pas négligeable.

La barre.

Du fait de la position que doit adopter le barreur, et ce, pendant un long moment, elle peut être à l’origine de pathologies musculoligamentaires. Affections de type cervicalgies ou syndrome de l’angulaire de l’omoplate pour une barre franche, le barreur devant garder sa tête tournée en permanence pour regarder devant lui, dorsalgies et lombalgies pour une barre à roue du fait du maintien prolongé d’une position debout sur un pont en perpétuel mouvement.

  • A l’intérieur :

La cabine.

Tous les emménagements intérieurs, en particulier par gros temps, peuvent être à l’origine de traumatismes en cas de chocs. Un objet mal arrimé, projeté violemment, peut occasionner une blessure, un liquide bouillant renversé lors d’un mouvement brutal du navire provoquer une brûlure. L’exiguïté des lieux rend plus difficiles les déplacements, avec un risque accru de contusions, au crâne par exemple si la hauteur sous barrot est insuffisante.

Le moteur.

Risque d’intoxication par émanation de gaz d’échappement, de brûlures lors d’interventions mécaniques.

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Au vu de ces différents éléments, il appartient au chef de bord de faire preuve de vigilance et de prendre en amont les mesures préventives qui permettront d’éviter la survenue d’un accident à son équipage ou à lui-même. Ces mesures passent par de multiples considérations comme la tenue vestimentaire, la consultation des prévisions météorologiques, la connaissance de son navire, la connaissance d’une affection préexistante d’un membre de l’équipage et qui pourrait décompenser, en bref, une floraison d’attentions au premier rang desquelles une parfaite adéquation de son programme de navigation à ses compétences maritimes. Une méconnaissance, voire une totale occultation des spécificités liées à la pratique d’un sport en milieu marin, pourrait amener à commencer la ballade sous de fâcheux auspices.

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Version PDF plus complète à la rubrique téléchargement (document DIV1) 

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