Blessure par animal marin : Vive.

Sep 1, 2012 par

La vive est un poisson appartenant à la famille des trachinidés. Mesurant de 12 à 50 cm, elle présente une tête massive et un corps allongé, de couleur jaune tacheté ou rayé de brun. Elle vit en eau peu profonde et tempérée, enfouie jusqu’aux yeux dans le sable ou la vase. On la rencontre fréquemment sur le littoral atlantique et méditerranéen, les côtes de la mer Baltique, la mer du Nord, la mer Noire ainsi que sur les rivages d’Afrique du Nord et de l’Ouest.

Les deux espèces les plus fréquentes sont

      • la grande vive commune ( Trachinus Draco) présente sur les côtes Atlantique et de la mer Noire.
      • La petite vive ( Trachinus vipera ou Echiichtys vipera) présente sur les côtes européennes.

Sur les côtes françaises, c’est principalement la petite vive (vive vipère) qui est rencontrée, en particulier dans les Landes, la côte Basque et la côte Méditerranéenne.

Son appareil venimeux est constitué d’épines dorsales (5 à 8 aiguillons au niveau de la nageoire dorsale) et d’épines operculaires (2 aiguillons au niveau des branchies) pourvues de glandes à venin. Le venin, thermolabile à 50/60°, a une action neurotoxique, cardiovasculaire ainsi que des propriétés hémolytiques.

Les circonstances d’accidents.

    • La victime est le plus souvent un baigneur qui marche en eau peu profonde et se blesse en posant le pied sur une vive enfouie dans le sable. Se sentant menacée, celle-ci dresse ses aiguillons et injecte son venin à la victime.
    • Il peut s’agir d’un pêcheur qui est piqué par un aiguillon operculaire lors du retrait de l’hameçon.

La vive peut vivre plusieurs heures après avoir été sortie de l’eau et une fois morte, même après congélation, le poison reste actif, ce qui peut occasionner des accidents lors de manipulations en cuisine.

SYMPTOMATOLOGIE

Signes locaux :

  • Douleur fulgurante, dont la « vive » intensité peut provoquer une syncope. La douleur augmente pendant une demi-heure à une heure et irradie dans tout le membre, accompagnée éventuellement de fourmillements et d’un engourdissement.
  • A l’examen :
      • Plaie punctiforme (un à trois points alignés) pouvant saigner abondamment (action hémolytique du venin).
      • Apparition d’un oedème, localisé en regard de la plaie, douloureux, initialement rouge puis violacé. Le développement de l’oedème contribue à fermer la plaie.
      • La douleur et l’oedème disparaissent en 24 à 48 heures.

Signes généraux : 

La douleur, par sa violence, peut entraîner crise d’angoisse, état de panique, chute de la pression artérielle, nausées, vomisements, malaise vagal avec risque de noyade.

CONDUITE A TENIR

  • Sortir rapidement la victime de l’eau pour éviter une noyade ;
  • Rincer abondamment la plaie ce qui favorise l’élimination du venin et d’éventuels débris et calme la douleur ;
  • Réaliser un choc thermique au niveau de la blessure, le venin étant thermolabile.
      • Pour cela, approcher une source de chaleur (cigarette, allume-cigare, sèche-cheveux…) de la plaie ou immerger la zone atteinte dans de l’eau chaude (vérifier la température avant afin d’éviter une brûlure !) pendant deux minutes puis appliquer sur la lésion une source de froid (canette glacée, glaçons enveloppés dans un linge).
  • Lutter contre la douleur avec des antalgiques. Le choc thermique est cependant plus efficace que des antalgiques.
  • Désinfecter avec un désinfectant de type chlorhexidine ou polyvidone iodée (Bétadine) et appliquer un pansement stérile.
  • Vérifier que la vaccination antitétanique est à jour.
  • Suivre la cicatrisation de la plaie. En cas d’infection, un traitement antibiotique peut être proposé : 
      • Penicilline M (Cloxacilline/Orbénine, Oxacilline/Bristopen) ou Steptogramines (Pristinamycine/ Pyostacine) en cas d’allergie aux pénicillines.

Remarques :

En cas de blessure en regard du visage, du thorax, de l’abdomen ou du périnée, l’hospitalisation de la victime doit être systématique.

Si la piqûre se trouve au niveau d’une articulation, il est recommandé d’instituer un traitement anti-inflammatoire par voie générale pendant 4 à 5 jours associé à une surveillance de la mobilité articulaire.

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