Blessure par animal marin : Raie armée.

Août 31, 2012 par

Seules les raies munies d’un ou plusieurs aiguillons à la base de leur queue, dénommées raies armées, sont dangereuses pour l’homme.

Les espèces de raies qui peuvent être rencontrées sur nos côtes appartiennent principalement à deux familles :

  • la famille des dasyatidés représentée en particulier par :
    • la pastenague commune, présente de la mer du Nord à la mer Méditerranée.
    • la pastenague épineuse, présente dans le golfe de Gascogne et en Méditerranée.
    • la pastenague violette, présente de la mer du Nord à la mer Méditerranée.
    • la pastenague ailée, évoluant en Méditerranée.
  • la famille des myliobatidés représentée essentiellement par :
    • l’aigle de mer commun, présent de la mer du Nord à la mer Méditerranée.

La pastenague commune et l’aigle de mer sont les deux principales espèces dangereuses rencontrées en France.

Aspect :

La raie armée est un poisson au corps aplati, dépourvu de nageoire dorsale, muni de larges nageoires pectorales se déployant comme des ailes, et se terminant par une queue en forme de fouet dotée d’un ou plusieurs aiguillons.

De tailles très variables selon les espèces (la pastenague commune adulte a une taille moyenne de 1m50) , la raie armée vit préférentiellement sur les fonds, enfouie dans le sable ou la vase (pastenague commune) ou nage volontiers en pleine eau (aigle de mer commun).

La taille de l’aiguillon (dard barbelé) peut aller de 4cm jusqu’à 30 cm. Il a la consistance de l’os, est plat et tranchant et présente deux rangées de dentelures rétrogrades. Il est creusé à sa face ventrale de deux sillons où sont logées les glandes à venin et est recouvert par une enveloppe tégumentaire. L’emplacement du ou des aiguillons sur la queue est variable selon les espèces, mais ils sont toujours localisés sur la partie supérieure. Le venin, thermolabile, a une action neurotoxique et cardiovasculaire.

Les circonstances d’accidents.

  • Le plus souvent, il s’agit d’un baigneur qui, évoluant dans une eau peu profonde, pose son pied sur le corps de l’animal enfoui sous le sable, déclenchant une réaction réflexe de défense du poisson qui donne un violent coup de fouet de sa queue et plante son aiguillon barbelé dans le pied ou la jambe de la victime.
  • Plus rarement, il s’agit d’un pêcheur qui est blessé à un membre lors du ramassage du poisson dans un filet.

SYMPTOMATOLOGIE

  • Signes locaux.
    • Douleur.
        • Constante, elle est immédiate et peut par son intensité provoquer une syncope, avec le risque de noyade. Durée variable, jusqu’à plusieurs heures suivies souvent d’élancements et d’une sensation d’engourdissement du membre blessé. Sédation au bout de 48 heures.
    • Oedème.
        • Gonflement dur et douloureux en regard de la lésion, apparaissant en quelques minutes et pouvant s’étendre à tout le membre.
    • La plaie est souvent profonde ( 2 à 3 cm) avec un aspect lacéré. Des morceaux du dard peuvent être retrouvés dans la plaie, celui-ci se brisant fréquemment lors de l’attaque.
  • Signes généraux
    • angoisse ;
    • nausées, vomissements ;
    • accélération du rythme cardiaque, chute de la pression artérielle ;
    • malaise ;

La surinfection de la plaie est fréquente, surtout si des débris du dard y sont enchâssés.

En cas d’atteinte d’un muscle ou d’un tendon par le dard, des séquelles fonctionnelles pourront subsister.

CONDUITE A TENIR

  • Sortir rapidement la victime de l’eau pour éviter une noyade en cas de survenue d’un malaise.
  • Examiner la plaie. Si le dard est présent, le retirer sauf s’il est enfoncé profondément (dans ce cas, un abord chirurgical s’avérera nécessaire). Regarder si des débris sont enchâssés dans la plaie. Rincer abondamment la plaie, vérifier l’absence de débris puis désinfecter avec un désinfectant de type chlorhexidine ou polyvidone iodée (Bétadine).
  • Choc thermique
      • Le venin étant thermolabile, il est possible d’appliquer un choc thermique en plongeant le membre atteint dans de l’eau chaude (vérifier la température avant pour éviter une brûlure) pendant 15 minutes. Cette technique est cependant controversée en raison de la profondeur de la blessure généralement observée avec l’aiguillon d’une raie armée. Si aucun soulagement de la douleur n’est obtenu après 5 minutes d’immersion, ne pas prolonger. Si la plaie saigne abondamment, il est préférable de ne pas employer cette technique.
  • Lutter contre la douleur avec des antalgiques.
  • Si la plaie est très profonde, délabrée, il est raisonnable de proposer un traitement antibiotique.
      • Pénicilline M (Cloxacilline/Orbénine, Oxacilline/Bristopen) ou Steptogramines (Pristinamycine/ Pyostacine) en cas d’allergie aux pénicillines.
  • Vérifier que la vaccination antitétanique est à jour.
  • Suivre la cicatrisation de la plaie.

Remarques :

Les blessures provoquées par les raies armées peuvent être majeures, nécessitant parfois un traitement chirurgical. En cas de blessure au thorax ou à l’abdomen, d’atteinte tendineuse, une hospitalisation sera nécessaire pour exploration et éventuelle réparation chirurgicale.

MESURES PREVENTIVES

Le port de bottes en caoutchouc ou d’une combinaison néoprène ne protègent pas d’une blessure, l’aiguillon d’une raie armée pouvant les traverser.

En cas de marche en eau peu profonde, battre l’eau pour faire fuir d’éventuelles raies.

Lors d’une plongée, se maintenir à distance d’une raie afin de ne pas être touché lors d’un mouvement de queue trop vif.

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